Le seuil
Entre la rue et la maison, la Méditerranée a toujours ménagé un entre-deux. Ce n'est pas de l'architecture. C'est une philosophie de l'accueil.
Le seuilNi dehors ni dedans
Le seuil méditerranéen est épais : le pas de porte carrelé, la chicane du riad qui coupe la vue, le patio andalou entrevu par la grille, le banc de pierre contre la façade. Autant de dispositifs qui disent la même chose : on n'entre pas d'un coup. Il y a une transition, une décompression, un moment où l'on est déjà accueilli sans être encore chez l'autre.

Fin d'après-midi · matières et lumière
Le banc du seuil
Devant les maisons anciennes, souvent, un banc maçonné. Il sert à l'habitant · voir passer, prendre le frais · et au visiteur : on peut s'y asseoir sans frapper. Toute une gamme de sociabilité tient sur ce banc : la conversation de passage, qui n'exige ni invitation ni engagement. L'urbanisme moderne l'a supprimé · et avec lui la moitié des occasions de se parler.
Franchir
Parce que le seuil est marqué, le franchir veut dire quelque chose. Être invité à entrer, sur la rive sud, n'est jamais anodin : on passe du statut de passant à celui d'hôte, et ce passage a ses gestes · se déchausser parfois, l'eau parfumée, la place qu'on vous désigne. Un monde sans seuils est un monde où entrer ne signifie plus rien.
· ZERHOUN
À lire ensuite
Un geste par mois
Les gestes qui se transmettent · verser, dresser, chauler, greffer. La lettre en garde la trace.
Une lettre par mois. Rien à vendre.
