L'eau de fleur d'oranger
Quelques gouttes dans le café, sur les mains des invités, dans la pâte des gâteaux. Un parfum qui sert de ponctuation à la vie.
L'eau de fleur d'orangerAvril, la distillation
La fleur se cueille au printemps, sur le bigaradier · l'oranger amer. Dans beaucoup de familles marocaines, on distille encore soi-même, à l'alambic de cuivre, la keträa. La maison embaume pendant deux jours. L'eau obtenue, précieuse, se garde dans des bouteilles à l'abri · et se compare, d'une maison à l'autre, comme un millésime.

Fin d'après-midi · matières et lumière
Un usage cérémoniel
L'eau de fleur d'oranger n'est pas un arôme : c'est un signe. On en verse sur les mains des invités à leur arrivée, d'une aiguière ouvragée · geste d'accueil parmi les plus anciens du monde arabe. On en glisse dans le café des grandes occasions, dans les pâtisseries de fête, sur les mariés.
Quelques gouttes suffisent. L'excès est une faute de goût précisément parce que la rareté fait partie du sens.
Le parfum comme mémoire
C'est probablement l'odeur la plus proustienne de la rive sud. Une goutte, et remontent les maisons de grands-mères, les plateaux de fête, les mains parfumées. Les maisons transmettent des recettes · les parfums, eux, transmettent les maisons.
· ZERHOUN
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Le thé versé de haut
On lève la théière. Le filet descend. Le verre se remplit d'un peu de mousse. On croit que c'est pour l'effet.
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Les producteurs
Derrière chaque table, un terroir. Derrière chaque terroir, des mains. La matière première de la maison, racontée à la source.
Lire →Un geste par mois
Les gestes qui se transmettent · verser, dresser, chauler, greffer. La lettre en garde la trace.
Une lettre par mois. Rien à vendre.